Le système des grandes écoles : universités contre grandes écoles
Les grandes écoles sont une particularité française, mettant indirectement en compétition l’enseignement supérieur en France.
L’accès aux grandes écoles et aux universités
Les premières sont créées par l’Etat au milieu du 18ème siècle puis réorganisées par la Convention, et font aujourd’hui toujours parties de l’enseignement supérieur français : Polytechnique, Ponts et Chaussées, Les Mines, Saint-Cyr, Navale, Normales Supérieurs, Agro, Vétérinaires. On y entre par concours et elles assurent des formations de haut niveau, elles sont sous la tutelle de différents ministères dont elles forment les futurs cadres. Bien souvent, l’accès aux concours est réservé aux étudiants ayant préparé les classes préparatoires. Les conditions y sont très strictes, plaçant la barre vraiment haut, et permettant seulement à un petit nombre, présélectionné en amont, d’accéder à l’enseignement. Les universités datant pour les premières du Moyen-Âge, disparaissent après la Révolution française et ne sont reconstituées qu’en 1896. Ces établissement publics sont gérés de façon démocratique et sont de plus en plus autonomes. On en compte 80 en 2011. Contrairement aux grandes écoles, on y accède très facilement en possédant simplement un baccalauréat. Elles ont pour mission de dispenser une formation continue, de contribuer à la recherche de tout savoir et d’en diffuser les résultats.
Des différences à la base de la reproduction sociale des élites
Les frais de scolarité dans une université sont faibles par rapport au coût d’une inscription dans une grande école. Pour HEC Paris, il faut compter entre 8000 et 10 000€ pour un an, pour les universités c’est entre 200 et 2000€ (pour les doctorants en général) mais il faut compter sur un nombre important d’étudiants boursiers et donc exonérés. Mais la seule différence n’est pas financière, on constate quelques disparités dans les formations et dans l’insertion professionnelle où un léger avantage est donné aux grandes écoles. Le problème majeur de l’enseignement supérieur en grandes écoles est la création de clivages et d’inégalités sociales extrêmement importants. Le monde des étudiants des grandes écoles créé une micro-élite qui ne s’ouvre ni aux talents extérieurs ni à la diversité. C’est un petit cercle d’étudiants en grandes écoles qui se retrouvera à la tête des grandes entreprises françaises. Eva Joly, candidate à la présidentielle pour le mouvement Europe Ecologie-Les Verts a déclaré que la situation actuelle « montre bien qu’il y a une confiscation du pouvoir par une oligarchie française.[...] Ces grandes écoles, qui sont la fierté de la République, forment une élite qui a perdu de vue l’intérêt général. » Le principal obstacle à l’ouverture des grandes écoles se trouve bien évidemment dans les frais d’inscription demandés. Ils créent une sorte de rempart invisible mais néanmoins présent qui empêche bon nombre d’étudiants de prétendre aux concours, en dehors de toute qualification. Ce n’est pas le niveau de l’étudiant qui justifie son entrée aux grandes écoles mais bel et bien ses possibilités financières. Une situation qui montre à quel point l’élite française et les grandes écoles sont de plus en plus mal perçues par l’opinion publique.
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