Formation

L’éducation en France, est-elle injuste ?

Juste?Le système éducatif français tel que nous le connaissons prend ses racines dans l’après Révolution Française. Aujourd’hui quel est l’état de la formation qui prépare les futurs citoyens français ?

Un système injuste

Les principes d’une éducation commune à tous apparaissent en 1789, au lendemain de la Révolution française, c’est à ce moment-là qu’est créé un système réparti en trois niveaux : primaire, secondaire et supérieur dont la classification existe encore aujourd’hui. Sous la IIIe République et grâce à Jules Ferry, l’école devient obligatoire, gratuite et laïque. Ces préceptes sont toujours en cours et rendent obligatoire l’école jusqu’à l’âge de seize ans. Depuis cette période, les écoles publiques sont gérées par le ministère de l’éducation.
Une enquête réalisée en 2009, par l’OCDE, a révélé que les élèves français ont des résultats dans la moyenne des pays européens mais que les inégalités sont en augmentation. Ainsi les inégalités sociales, fortes en France, jouent sur les résultats des élèves. Elles se ressentent dans les cours d’école où le système éducatif français ne joue plus son rôle d’ascenseur social. Il y a quelques années, l’école était le meilleur moyen pour un élève de changer de tranche sociale. Avec son éducation gratuite, elle permettait à tous de voir la possibilité de réussir ses études et ainsi accéder à un niveau social supérieur. Un fait qui n’est plus vrai aujourd’hui. De plus, il existe une inégalité entre filles et garçons, ces dernières possèdent une année d’étude d’avant, une durée qui ne réduit pas et va en s’accentuant.

Quelles pistes pour rétablir l’équilibre ?

Comme l’a conseillé Eric Charbonnier, expert à la direction éducation de l’OCDE, il faut soutenir les élèves venant des milieux défavorisés, leur fournir des aides appropriées. Il est important de rétablir la situation dans les écoles primaires car c’est là que tout se joue. Agir auprès des élèves qui sont en situation d’échec au collège est trop tard. La question du redoublement se pose aussi car au lieu d’être un outil de soutien aux élèves en difficulté, il conduit presque systématiquement à l’échec scolaire, une situation inacceptable dans un pays comme la France. Réduire le temps de travail des élèves en primaire est une question qui revient souvent et à laquelle une attention doit être accordée. Les élèves aux résultats un peu faibles se retrouvent parfois noyés sous le rythme des cours et la charge de travail imposé. Ne pas réduire le temps scolaire mais le réaménager comme dans certains pays européens où la part aux activités extra-scolaires est plus répandue avec des cours uniquement le matin. Il faut également penser au nombre d’enseignants, en perpétuelle diminution ces dernières années. Il n’est pas possible de réformer le système éducatif sans compter sur une meilleure formation de ses enseignants, leur donner à tous les moyens pour qu’ils aient les outils qui permettront d’aider au mieux les élèves en difficulté. On ne peut pas créer l’école de demain sans une hausse du nombre d’enseignants ni une revalorisation des élèves, ne plus pointer du doigt celui qui rate mais que le groupe devienne un vrai soutien.

Image: Sergey Filkin – Fotolia.com

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